La végétation dans le tissu urbain : enjeux et conséquences

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14 Sep, 2022

De plus en plus les villes, qui concentrent la majeure partie de l’activité économique française, s’étendent. Les espaces naturels, les espaces agricoles et les autres espaces non construits se voient progressivement grignoter par ce tissu urbain déferlant telle une vague, venant minéraliser tout ce qui était autrefois de la terre, des arbres et des plantes. Ce mécanisme est généralisable à l’ensemble du territoire, dès lors que la ville gagne du terrain, la nature en perd. Il est donc essentiel de comprendre pourquoi repenser cette dualité ville/nature. S’il paraît compliqué de freiner l’expansion des villes, il est tout à fait possible de laisser à la nature une place non négligeable dans le tissu urbain. Ainsi, depuis plusieurs années, de nombreux problèmes ont été identifiés, avec des conséquences plus ou moins directes d’une ville dépourvue de nature. Il est donc plus que jamais indispensable de compenser ce manque et d’exploiter les bénéfices d’un environnement urbain végétalisé.

Une ville dépourvue de végétation

Les villes sont la plupart du temps des espaces très minéralisés, on y retrouve des voiries, des zones habitées, des infrastructures et des zones industrielles. Tous ces espaces ne laissent que très peu de place à la végétation. Ce manquement engendre de nombreux phénomènes problématiques. En effet, nous constatons une augmentation du volume d’eau de ruissellement. Toutes ces surfaces minérales ne sont que très peu poreuses par rapport à la terre, ce qui provoque un faible niveau d’infiltration de l’eau dans les sols. L’eau ruisselle donc à sa surface, provoquant des risques de crues. Ce phénomène, couplé au réchauffement climatique, venant augmenter la fréquence et l’intensité des pluies diluviennes, a des conséquences désastreuses sur la qualité de nos vies et sur notre sécurité : les inondations de zones habitables se multiplient et la dispersion des particules polluantes s’accentuent.

Ces espaces construits posent également d’autres problèmes. En effet la couleur des matériaux les composant ont également un effet direct sur l’augmentation de la température dans nos villes. Pour cela, nous devons nous intéresser à un phénomène physique : la réflexion de la lumière par un corps. Si un objet nous paraît coloré, c’est qu’il réfléchit la longueur d’onde de la couleur dont nous le percevons : si une fraise nous apparaît rouge, c’est qu’elle absorbe toutes les longueurs d’ondes à l’exception de celle correspondant au rouge. Il en est de même pour toutes les autres couleurs. La lumière naturelle est une lumière blanche, le blanc nous apparaît blanc, car cette couleur réfléchit l’ensemble des longueurs d’ondes qu’elle reçoit. À la différence du noir qui lui absorbe la quasi-totalité des longueurs d’ondes (environ 90 %). Après avoir assimilé ce phénomène physique, il est aisé de comprendre que les surfaces foncées composant nos villes absorbent une bonne partie du rayonnement solaire. Autrement dit, dans les villes, le ratio de la lumière réfléchie par rapport à la lumière incidente est faible. Les surfaces emmagasinent de l’énergie pendant la journée pour venir la restituer la nuit. Cela a pour conséquence de maintenir une température élevée la nuit. Nous constatons une différence significative entre la température des villes et des campagnes, provoquant parfois une chaleur incommodante pour les habitants. En effet, un parterre de pelouse réfléchira une plus grande partie de la lumière qu’un espace goudronné.

Capacité étonnante de la végétation à améliorer notre quotidien

La réinsertion d’une part de nature plus importante dans nos villes pourrait améliorer notre quotidien. Hormis les phénomènes déjà explicités plus haut, les surfaces naturelles peuvent également agir en bouclier contre les effets du réchauffement climatique.
Premièrement, nous pouvons parler de l’ombre projetée par les arbres qui viennent drastiquement réduire le passage des rayonnements solaires. Bien placé, une rangée de peuplier peut venir diminuer de quelques degrés la température au sol d’une avenue. L’ombre d’un grand arbre peut également améliorer les performances énergétiques d’un bâtiment. Un autre phénomène physique viendrait améliorer nos conditions de vie : l’évapotranspiration. Ce phénomène décrit la façon par laquelle l’atmosphère va venir recevoir l’eau provenant de la transpiration des plantes et de l’évaporation des sols. Dans un premier temps, toute l’eau qui pourra être absorbée dans un sol, sera transmise à l’atmosphère par évaporation lors d’une augmentation de la température. Les surfaces végétales vont également transpirer, et viendront transférer une partie de leur eau à l’atmosphère. Ce mécanisme joue un rôle de climatiseur naturel et est visible à l’œil nu dans la nature. En effet dans les grandes forêts, on peut voir apparaître des volumes d’eau à l’état de vapeur au-dessus de la cime des arbres « les rivières volantes ». Ce même phénomène, évidemment moins intense dans les villes pourra tout de même lutter contre les îlots de chaleurs urbains.

Illustration : Rivière flottante au dessus d’une forêt centenaire.
© wirestock on Freepik

La photosynthèse est également un phénomène très intéressant, puisqu’il consiste à absorber du CO², l’un des principaux gaz à effet de serre, pour venir libérer du O². Cette capacité qu’ont les plantes et les arbres est très vertueuse : en plus de nous offrir un air plus respirable, elle vient également ralentir le réchauffement climatique et l’ensemble des conséquences lui étant associées. Si cette caractéristique ne suffisait pas à convaincre les aménageurs urbains, une autre capacité de la végétation va venir défendre sa place dans les villes. En effet, elle constitue un excellent filtre venant capter les particules fines et les oxydes d’azote dégagés par les moteurs.
Nous rappelons qu’en France, 40.000 morts sont imputables à l’exposition prolongée à ces particules. Les racines aussi viennent dépolluer notre milieu de vie. En filtrant les polluants du sol, elles sont capables de venir mettre un terme à leur propagation dans l’eau.

Pour finir, ne l’oublions pas, la nature est notre seule et unique source d’alimentation. Dans un contexte de réchauffement climatique et d’une géopolitique virulente, il est plus que nécessaire de faire un pas vers l’autonomie alimentaire. Selon un article paru dans la Tribune, la France peut satisfaire uniquement 60% de ses besoins alimentaires. Paris ne tiendrait pas plus de deux jours si sa chaîne d’approvisionnement était coupée.

C’est pour toutes ces raisons que de plus en plus de communes françaises revoit la part d’intégration de la végétation dans le tissu urbain. En plus d’améliorer la qualité de l’air, de combattre les îlots de chaleur, de diminuer le risque d’inondation, de nourrir les humains et de lutter contre le réchauffement climatique, il a été prouvé que la végétation a un réel impact sur le bonheur ressenti des passants. Avec la réalisation d’un schéma directeur immobilier, la volonté de mettre en place des actions de végétalisation dans les centres-villes se formalise auprès des décideurs publics. Les groupes scolaires sont notamment les premières natures d’équipement ciblé, car elles permettent également d’améliorer la qualité de services pour les enfants. Il n’est désormais plus rare de faire face à des demandes de végétalisation des cours de récréation qui étaient jusqu’à là, goudronnées.


Mots clés : végétation, nature, végétation urbaine, réchauffement climatique.

Rédacteur : Gautier Forgerit

Sources :

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