Le modèle aéroportuaire durable

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23 Mar, 2022

Dans une dynamique collective de prise de conscience de notre empreinte environnementale, les aéroports sont souvent montrés du doigt comme allant à contre-courant. Afin de s’adapter à ce contexte de demande de limitation de l’empreinte carbone du secteur aéronautique, les gestionnaires aéroportuaires se lancent dans des modèles d’aéroports durables. Quelles sont donc les réponses apportées par les aéroports pour réduire leur empreinte carbone ?

Les aéroports sont aujourd’hui un maillon essentiel à la connectivité de nos territoires qu’ils soient nationaux ou internationaux. En dépit de la crise sanitaire et économique, le secteur aéroportuaire se rétablit modestement, la dernière analyse de l’impact économique de l’OACI évoque un chiffre de 2,3 milliards de passagers en 2021, c’est près de 49% de moins que les niveaux prépandémiques de 2019, néanmoins il reste un mode de transport plébiscité dans le monde.

Dans un contexte sanitaire, économique et environnemental incertain, le monde aéroportuaire fait son mea culpa et ne cesse de multiplier ses initiatives en faveur de lutte contre le changement climatique.

Augustin de Romanet, le PDG du groupe ADP, le reconnaît : « La prise de conscience par le transport aérien que la transition énergétique était vitale a été tardive. Tout le monde pensait que la dernière goutte de kérosène serait pour l’aérien […] Nous avons réfléchi et nous avons abouti au constat que quoi qu’il arrive, le réchauffement climatique représentait de tels défis qu’il fallait organiser cette transition énergétique plutôt que de la subir ».

Sous l’égide du programme Airport Carbon Accreditation, depuis plus de 10 ans les aéroports travaillent à réduire significativement leurs émissions de CO2.

Qu’est ce que le programme Airport Carbon Accreditation ?

L’Airport Carbon Accreditation (ACA) est un programme de certification international, mis en place par l’ACI (Airport Council International – Principale organisation professionnelle qui fédère les sociétés aéroportuaires) qui fournit un cadre pour la gestion active des émissions carbone. Sur la base de de 6 niveaux de certification, il permet de situer l’aéroport sur les différentes étapes de la gestion commune des émissions carbone. Il est vecteur également d’échange de bonnes pratiques et de meilleure communication avec l’écosystème aéroportuaire.

En 2022, selon l’ACI, c’est près de 391 aéroports à travers le monde qui se sont engagés dans ce programme. À titre de comparaison en 2019 avant la crise de Covid, c’était 293 aéroports.

Il est à noter qu’un effort particulier est réalisé en France (hors COM), grâce au programme EASEE porté par l’UAF (Unions des Aéroports Français) et Eco CO2 pour aider les moyennes et petites structures à passer les niveaux d’accréditation, depuis l’inscription jusqu’à l’obtention du niveau 3.

Quels sont les niveaux de certification ?

Il existe 6 niveaux de certification : « Mapping », « Reduction », « Optimisation », « Neutrality », « Transformation » et « Transition » et exigent plus ou moins d’efforts de la part des organisations aéroportuaires.

Niveau 1 : Recevoir l’accréditation du niveau « Mapping » requiert une évaluation de l’empreinte carbone.

Niveau 2 : Obtenir l’accréditation au niveau « Reduction » requiert la définition d’un plan de gestion du carbone et des progrès vers une empreinte carbone réduite.

Niveau 3 : Obtenir l’accréditation au niveau « Optimisation » requiert l’engagement des tiers dans la réduction de l’empreinte carbone. Parmi les parties prenantes, il y a les compagnies aériennes et divers prestataires de service, comme les assistants en escale indépendants, les sociétés de catering, le contrôle aérien et les autres intervenants sur le site aéroportuaire. Ce niveau inclut également un engagement sur les modes d’accès (telles que les dessertes routières et ferroviaires) impliquant les autorités et les usagers.

Niveau 4 : Obtenir l’accréditation au niveau « Transformation » requiert un changement radical dans la gestion de l’empreinte carbone d’un aéroport, dans la mesure où ce dernier devra définir une stratégie de gestion carbone à long terme orientée vers une réduction des émissions en valeur absolue.

Niveau 5 et 6 : Obtenir l’accréditation aux niveaux « Neutrality » ou « Transition » impose à l’aéroport la compensation de ses émissions résiduelles ne pouvant être réduites.

Il est à préciser que dans le cadre du processus d’adhésion au programme Airport Carbon Accreditation, chaque bilan carbone d’un aéroport doit être vérifié de manière indépendante avant son examen complet par l’Administrateur du programme.

Quelles sont les actions concrètes ?

La matérialisation de ces démarches passe par des actions concrètes et en particulier dans le périmètre des opérations terrestres avec le développement de production et de stockage d’énergies renouvelables sur site :

  • A court terme avec la production d’électricité et de gaz
  • A moyen terme avec la production d’hydrogène

Les opérations d’électrification des tarmacs apportent également des alternatives certaines pour réduire l’empreinte carbone avec comme exemple le déploiement de moyens de substitution des moteurs auxiliaires des avions APU (Auxiliary Power Unit, groupe auxiliaire destiné à produire de l’énergie à bord des aéronefs au sol).

Enfin des engagements sont pris par les aéroports en faveur des puits de carbone naturels permettant d’absorber, au gré de la croissance des arbres, jusqu’à 300 tonnes équivalent CO2 par an et d’assurer une neutralité carbone sans compensation.

L’enjeu carbone devient significatif en matière de stratégie patrimoniale. C’est en ce sens que tbmaestro continue d’accompagner, dans le cadre du suivi de la gestion d’actifs physiques, les aéroports de la côte d’azur qui viennent d’obtenir l’Airport Carbone Accreditation niveau 4+, qui visent désormais à ne plus émettre un seul gramme de CO2 à horizon 2030.


Mots clefs : Empreinte carbone, aéroports, Airport Carbon Accreditation

Date de l’article : 23/03/2022

Rédacteurs : Jean-Baptiste Génin

Sources

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/transport-logistique/changement-de-modele-pour-adp-la-course-au-trafic-c-est-fini-904397.html?utm_term=Autofeed&utm_medium=Social&utm_source=Twitter&fbclid=IwAR1mt8A8urGeFzGhsmzgQmm26T-DzBr97SSRviqoFRC_-Pa-CLsy0QsdiPs#Echobox=1645207793

https://airportco2.org/airports-across-the-world.html#region-europe

https://www.easee-aeroport.fr/

https://www.icao.int/sustainability/Documents/Covid-19/ICAO_coronavirus_Econ_Impact.pdf

Interview de Thomas Juin (président de l’UAF et directeur de l’aéroport de la Rochelle-Il de Ré), aéroport le mag n°87

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