Le PNACC : faire face aux risques climatiques sur les actifs
Comprendre ce qu’est le PNACC et comment il s’inscrit dans la gestion d’actifs permet d’intégrer les enjeux climatiques au cœur de la stratégie.
Dans un contexte où la transition énergétique s’impose comme un enjeu incontournable pour les acteurs publics, la question du mode de chauffage devient centrale. Les systèmes installés dans les années 70 et 80 – principalement au gaz ou au fioul – sont aujourd’hui à bout de souffle. Non seulement ils sont trop énergivores, mais ils contribuent aussi fortement aux émissions de gaz à effet de serre.
Désormais, deux grandes alternatives se dessinent pour chauffer les bâtiments publics :
C’est précisément ce dernier modèle – le réseau de chaleur – qui attire de plus en plus l’attention des collectivités et opérateurs publics. Mais pour en exploiter pleinement le potentiel, il est important de l’intégrer dans une stratégie globale de gestion des actifs physiques, notamment à travers des outils comme le Schéma Directeur Immobilier et Énergétique (SDIE).
Un réseau de chaleur urbain repose sur une infrastructure centralisée de production et de distribution de chaleur. Cette chaleur peut être issue :
L’énergie est ensuite distribuée via un réseau souterrain jusqu’à des sous-stations, qui assurent le transfert thermique aux bâtiments. Ce modèle présente plusieurs avantages :
Mais pour être efficace, ce type de projet nécessite une planification territoriale rigoureuse, car les performances du réseau dépendent fortement de la densité du tissu urbain, de la proximité des bâtiments et de la nature du parc bâti.
Le développement d’un réseau de chaleur ne peut se concevoir indépendamment d’une connaissance fine du patrimoine bâti. C’est là que la gestion d’actifs physiques entre en jeu.
Les collectivités et gestionnaires doivent s’interroger sur :
Un SDIE permet justement d’apporter des réponses structurées à ces questions. En croisant les données techniques, énergétiques, réglementaires et occupationnelles, il offre une vision d’ensemble qui facilite :
En somme, la gestion d’actifs devient un outil de lecture stratégique pour évaluer la faisabilité et la pertinence d’un réseau de chaleur.
Au-delà des bâtiments desservis, les réseaux de chaleur urbains sont des infrastructures à part entière, dont la performance repose sur une exploitation maîtrisée et une maintenance optimisée. À l’image des réseaux d’eau potable ou d’assainissement, ils nécessitent une gestion d’actifs technique et financière rigoureuse :
Ces enjeux sont d’autant plus cruciaux que les investissements initiaux sont lourds et que les concessions peuvent s’étendre sur plusieurs décennies. Le parallèle avec les réseaux d’eau ou les réseaux de froid urbains, comme celui de Paris, est pertinent : la gestion d’infrastructures techniques enterrées constitue un domaine en soi, à traiter avec les mêmes exigences que le bâti.
L’un des grands atouts du réseau de chaleur réside dans son potentiel de décarbonation. Un réseau alimenté à 80–90 % par du bois permet de réduire drastiquement les émissions de CO₂, surtout s’il remplace des chaudières fioul ou gaz.
Mais l’enjeu ne se limite pas à changer de combustible : il faut aussi garantir une cohérence globale du projet :
Les réseaux de chaleur peuvent donc jouer un rôle central dans la trajectoire de neutralité carbone, à condition d’être pensés comme un outil structurant de politique énergétique locale, et non comme une simple réponse technique.
Comme tout projet structurant, les réseaux de chaleur comportent des contraintes :
Mais bien intégrés dans une démarche de gestion d’actifs globale, ces freins peuvent être levés grâce à une bonne anticipation, une coordination entre services, et une concertation efficace avec les parties prenantes.
Les réseaux de chaleur urbains ne sont pas des solutions isolées. Ils sont au contraire un levier stratégique de transformation des patrimoines publics, au service d’objectifs multiples :
Mais leur efficacité repose sur une gestion intégrée, tant des bâtiments raccordés que des infrastructures elles-mêmes. C’est pourquoi ils doivent être pensés dans une logique de gestion d’actifs physiques à long terme, appuyée par des outils stratégiques comme le SDIE.
tbmaestro, spécialiste de la gestion d’actifs physiques, accompagne les collectivités dans cette approche globale : en tant que tiers de confiance pour les DSP ou concessions, expert du pilotage patrimonial, ou encore partenaire dans la planification énergétique territoriale, nous contribuons à faire des réseaux de chaleur des outils durables, efficaces et pilotés.
Mots clés : Réseaux de chaleur urbain, SDIE, gestion d’actifs physiques
Date d’article : 13/05/2025
Rédacteur :

Sources :
Pellerin Drion, Sylvie. 2013. « Le bois-énergie, une solution d’avenir ? » Pour 218(2): 137‑44.
Dubois, Jérôme, et Leïla Kebir. 2021. « Éditorial. Transition énergétique : le retour des lieux ». Espaces et sociétés 182(1): 9‑14.
« Réseaux de chaleur ». Ministères Écologie Énergie Territoires. https://www.ecologie.gouv.fr/reseaux-chaleur
« Le bois, une énergie pas si renouvelable ? » Révolution Énergétique. https://www.revolution-energetique.com/dossiers/le-bois-une-energie-pas-si-renouvelable/
« Schéma directeur immobilier et énergétique | Transition 2050 ». https://transition2050.fr/schema-directeur-immobilier-et-energetique
Steven. 2022. « PCAET et démarche Territoire Engagé Transition Ecologique | Définition ». Territoire Engagé Transition Ecologique. https://territoireengagetransitionecologique.ademe.fr/pcaet-quest-ce-que-cest/
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