Instabilité au détroit d’Ormuz : sécuriser les approvisionnements pour vos actifs
26 Mai, 2026
En ce printemps 2026, le détroit d’Ormuz subit une fermeture presque totale. À la suite de frappes américaines au Moyen-Orient, l’Iran a mis en place un système de contrôle et de passage payant sur cette autoroute maritime. En réponse, les États-Unis ont déployé un contre-blocus naval pour bloquer l’économie iranienne. Ce bras de fer localisé impacte l’ensemble du commerce mondial.
Pour les gestionnaires d’actifs (immobilier, infrastructures, industries), cette crise géopolitique a des conséquences économiques très directes : le prix de l’énergie s’envole et les matériaux essentiels au secteur de la construction deviennent de plus en plus chers et difficiles à obtenir du fait de délais d’approvisionnement perturbés.
Facture énergétique et coûts d’exploitation
Le détroit d’Ormuz voit passer chaque jour plus de 20% du pétrole mondial et une part importante du Gaz Naturel Liquéfié (GNL). Avec le blocage actuel, le prix du baril de pétrole a dépassé les 100 dollars. Pour les gestionnaires d’actifs, l’impact est double. D’un côté le coût du transport maritime explose en partie à cause des surprimes d’assurance. De l’autre, les factures de gaz et d’électricité sont en forte augmentation.
S’il est impossible pour les gestionnaires d’agir sur le prix du pétrole, il est possible de maîtriser les consommations liées aux activités des actifs gérés. Grâce à la gestion d’actifs, l’inventaire des éléments techniques et énergétiques du patrimoine géré permet une connaissance des leviers d’optimisation des performances afin de contenir les coûts d’exploitation.
L’idée est de cibler et de planifier les travaux là où le gain sur les factures sera le plus fort, par exemple pour un bâtiment : isolation des toitures, remplacement des vitrages ou modernisation des systèmes de chauffage et de ventilation. En investissant sur l’enveloppe et les équipements de manière ciblée, la dépendance des actifs aux énergies diminue, une logique qui s’applique tout autant aux procédés industriels et aux équipements spécifiques.
Prix des matériaux et choix des investissements
Selon le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM), le détroit d’Ormuz est essentiel pour le transit du cuivre, du zinc et surtout du soufre produit par le Qatar. L’arrêt des livraisons de soufre qatari bloque la fabrication de l’acide sulfurique, indispensable pour traiter le cuivre. Ce manque de ressources fragilise ainsi les premières étapes de la production de matériaux, bien avant leur livraison. Au Japon, indicateur avancé du marché mondial dans ce contexte car dépendant direct des marchandises transitant par le détroit, les entreprises du BTP subissent déjà de plein fouet ces hausses de prix. Les tensions actuelles touchent tous les matériaux essentiels à la construction dont la fabrication repose sur l’énergie et les minerais circulant par Ormuz :
L’acier : le domaine de la construction utilise plus de 50% de l’acier mondial. Les hauts-fourneaux nécessitent un apport constant d’énergie. L’augmentation des coûts énergétiques entraîne une hausse directe et généralisée des prix de vente de l’acier.
L’aluminium : le bâtiment consomme environ un tiers de la production mondiale d’aluminium. Le blocage des ports des Émirats Arabes Unis (gros producteurs d’aluminium primaire) crée une pression sur les stocks mondiaux.
Le ciment et le béton : Fabriquer du ciment demande une chaleur immense (1450°C). Sachant que l’énergie représente environ 25% du prix de revient d’une cimenterie, toute hausse du coût des combustibles augmente mécaniquement le prix du ciment.
Les polymères et dérivés pétroliers (PVC) : Le secteur de la construction est l’un des deux piliers de la demande de plastique en Europe, le PVC étant le matériau de référence pour les composants du bâtiment (canalisation, profilés de fenêtres, isolation). La production européenne de plastiques est en recul constant face à la concurrence mondiale. Cette fragilité rend le secteur sensible aux variations des coûts de l’énergie et des matières premières.
Quand le prix de l’acier, de l’aluminium, du ciment et du PVC s’emballe, les budgets de maintenance ne suffisent plus. Lancer tous les projets et toutes les maintenances comme prévu expose à un risque majeur de dépassement budgétaire.
La démarche de gestion d’actifs consiste à objectiver l’état de performance réel des actifs et de leurs composants techniques. Grâce à des indicateurs précis et alimentés par des données fiables, il devient possible d’arbitrer les investissements : les priorités opérationnelles sont mieux ciblées (sécurité, continuité de service, désordres structurels) et les opérations qui peuvent attendre sont reportées, sans mettre en danger la pérennité des actifs et donc de l’activité. Cela permet d’optimiser l’utilisation de chaque euro.
Flux logistique et gestion des stocks
Le blocage logistique grippe aussi les chaînes d’approvisionnement des produits finis. Les pièces détachées subissent des retards de livraison de plusieurs semaines. Le principe du « juste à temps » ne fonctionne plus dans ce contexte. Attendre qu’un équipement tombe en panne pour commander sa pièce de rechange expose les gestionnaires à des semaines d’indisponibilité ce qui dégrade la valeur de l’actif.
En gestion d’actifs, l’inventaire technique des équipements sert à anticiper leur fin de vie et à planifier une maintenance préventive renforcée. Cela permet de dimensionner et de commander à l’avance des stocks de pièces détachées critiques. Sécuriser ces composants clés avant de devoir les changer évite de devoir remplacer une machine entière (ce qui coûte plus cher) simplement parce qu’un unique composant reste introuvable sur le marché.
Rentabilité des projets et des contrats
L’accumulation de ces trois défis (augmentation des prix de l’énergie et des matériaux et difficultés d’approvisionnement en pièces détachées) menace directement la rentabilité des projets et des contrats d’exploitation.
C’est à ce niveau que la gestion d’actifs prend tout son sens. En reliant la maîtrise de l’énergie, l’arbitrage des travaux et l’anticipation logistique, cette méthode aide à structurer une organisation capable d’agir avec des ressources limitées. L’utilisation de la donnée technique permet de dépenser le budget exactement là où il apporte le plus de valeur et de sécurité, ce qui rationalise les investissements. La gestion d’actifs devient une démarche de pilotage indispensable pour compenser les pertes financières liées à la crise.
Pour traverser cette période de turbulences, l’improvisation n’a pas sa place. tbmaestro accompagne les gestionnaires d’actifs pour structurer leur démarche de gestion d’actifs intégrant la mise en œuvre de processus, de méthodes et d’outils et ainsi disposer d’éléments de planification adaptés aux enjeux conjoncturels. Par exemple, avec des plans de gestion d’actifs spécifiques ou encore des Schémas Directeurs Immobiliers et Energétiques (SDIE). De la vision stratégique à l’établissement de Plans Pluriannuels d’Investissement (PPI) réalistes et adaptés aux prix du marché ou de plans de gestion des compétences, cet accompagnement permet d’apporter la visibilité nécessaire pour prendre les bonnes décisions et sécuriser la pérennité de vos activités à travers vos actifs.
France info – « Les prix vont augmenter » : au Japon, les entreprises du bâtiment et de la construction subissent de plein fouet la fermeture du détroit d’Ormuz
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